Classe d’orgue du Conservatoire de Saint-Maur,

année 2015-2016

 

Concours d'entrée spécifique pour la licence au printemps 2017, pôle sup93. Inscriptions à suivre sur Internet.

 

http://www.polesup93.fr/

 

 

1. Examen :

 

Examen d'entrée pour la classe du CRR (20 septembre 2016) : 

 

CFEM : Bach, deux chorals de l'Orgelbüchlein au choix + morceau au choix du candidat.

3eme cycle : Buxtehude Praeludium en sol mineur + morceau au choix

4eme cycle : Bach Toccata en ut  + un court morceau au choix

 

Examen de fin d’année début juin.

Eglise Notre-Dame-du-Rosaire + instrument symphonique (St Hilaire à Saint-Maur).

 

Préparer deux programmes pendant l’année, l’un d’entre eux sera tiré au sort cinq semaines ouvrables avant l’examen, et une pièce imposée remplacera alors l’une des pièces préparées (le programme sera joué tout ou partie à la discrétion du jury ou de l’administration) :

 

En Supérieur 1 :

 

A. Un des 18 Chorals de Leipzig de Bach, un XIXe français ou B.A.C.H. de Liszt

B. Fantaisie en fa mineur K. 594 de Mozart ou une pièce au choix de l'op. 18 de Boëly, une pièce très récente (prélude de Jean-Pierre Leguay ou extraits des deux premières sonates de Valéry Aubertin, ou Etude de Benoit Mernier, etc).

 

A partir de Supérieur 2 (pour obtenir le DEM) :

 

A. Un cycle de variations de Frescobaldi ou Sweelinck, un choral de Leipzig de Bach ou un prélude de Buxtehude, un XIXe français, une pièce récente (Aubertin, Escaich, Farago, Florentz, Gandrille, Rolland, Watanabe, etc.)

 

B.  Quelques pièces extraites d’une suite française, Fantaisie en fa mineur K. 594 de Mozart ou Toccata, adagio et fugue de Bach ou un extrait de l'opus 18 de Boëly, une œuvre de Max Reger, de Rheinberger ou de Nowowiejski (max. 6 min environ), une œuvre de Jehan Alain.

 

 

Probatoire :

 

1 Bach ou Buxtehude, 1 moderne (fin XIX à fin XX), une pièce avec instrument ou voix.

 

Perfectionnement :

 

2 ou 3 œuvres de styles différents + une œuvre imposée cinq semaines avant.

Le programme ne devra pas dépasser 35’ au total.

 

En juin, après les examens : Prix André Monsaingeon, lieu à déterminer (prix = 350 €)

Programme : un prélude de Bach + une pièce au choix.

 

 

 2. Concerts : 

 

Les élèves participent à de nombreux concerts à Saint-Maur comme en Province (voir liste détaillée ci-dessous).

 

 

3. Options spécifiques :

 

Répertoire et accompagnement. Cours collectifs facultatifs, donnant droit à une option pour le DEM. 

Un calendrier sera tenu à jour.

A la fin de l’année, ceux qui le souhaitent pourront valider ces deux options qui forment une UV pour l’obtention du DEM. Le jury est le même que pour l’examen de fin d’année.

- Répertoire : court oral permettant de présenter trois extraits audio transmis trois jours avant l’épreuve. Les extraits ne seront pas les mêmes, chaque élève aura son lot d’extraits distincts. Le jury posera quelques questions après cette présentation qui ne devra pas excéder dix minutes.

- Accompagnement :  déchiffrage d’une polyphonie sur quatre portées avec transposition simple, court accompagnement instrumental ou vocal avec mise en loge, harmonisation à vue (style choral) ou improvisation d’un plein jeu dans le style français à partir d’une mélodie de Plain-chant.

 

 

4. Master-classes :

 

Avec Sophie Réteaux et Frédéric Mayeur (voir ci-dessous)

 

 

 

5. Voyages :

 

Outre des déplacements ponctuels dans un rayon de 100 à 150 km de Paris, un voyage d'études est prévu en Périgord et en Alsace.

 

 

SAISON D'ORGUE 2016/2017

 

 

Mardi 27 septembre 20 h 30 (entrée libre)

Eglise ND du Rosaire

Concert par François-Xavier Kernin

Prix André Monsaingeon 2016

 

Samedi 8 octobre 20h45 (entrée libre)

Eglise Saint-Nicolas

Concert Schumann

Classe d’orgue du Conservatoire

 

Mardi 18 octobre 20 h 30 (entrée libre)

Eglise Notre-Dame-du-Rosaire

Récital Etienne Pierron

Oeuvres de Bach, Weckmann, Bartok

 

Mardi 22 novembre 20h30 (entrée libre)

CRR auditorium Jean-Philippe Rameau

Concert Mendelssohn (intégrale des sonates I)

Piano orgue

 

Dimanche 4 décembre 15h (entrée libre)

Eglise Saint-Hilaire

Trompette et orgue

Stéphane Exbrayat et Charlotte Marck

 

Dimanche 18 décembre 15h (entrée libre)

Eglise Saint-Hilaire

Chant et orgue

Reine Oth Essike  accompagnée à l'orgue par Etienne Pierron

 

Mardi 24 janvier 20h30 (entrée libre)

CRR auditorium Jean-Philippe Rameau

Concert de musique d'aujourd'hui (Aubertin, Castérède, Florentz, Mulsant, Robin...)

 

Mardi 28 février, 20h30 (entrée libre)

CRR auditorium Jean-Philippe Rameau

Récital d'orgue

Pierre Pincemaille

 

Mardi 14 mars 20h30 (entrée libre)

CRR auditorium Jean-Philippe Rameau

Concert Mendelssohn (intégrale des sonates II)

Piano orgue

 

Dimanche 19 mars 15h (entrée libre)

Eglise Saint-Hilaire

Violoncelle baroque et orgue

Nicolas Cenjanski, Béatrice Payri

 

Mardi 28 mars 20h30 (entrée libre)

Eglise Notre-Dame-du-Rosaire

Récital d'orgue

Lucile Dollat

 

Mardi 25 avril 20 h 30 (entrée libre)

Eglise Notre-Dame-du-Rosaire

Concert d'orgue  

Frédéric Mayeur

Le concert sera précédé d’une Master-class le Mardi 25 juin à 10 h à l’église Notre-Dame-du-Rosaire

 

Dimanche 14 mai 15h (entrée libre)

Eglise Saint-Hilaire

Le jour de l'orgue

Concert et présentation

Angèle Dionnau et Etienne Pierron

 

Mardi 30 mai 20h30 (entrée libre)
Eglise ND du Rosaire
Jacinta Almeida, Soprano et Marian Marciszuk, orgue
Oeuvres de Bach, Mozart

 

Mardi 13 juin 20 h 30 (entrée libre)

Eglise Notre-Dame-du-Rosaire

Concert d'orgue

Sophie Réteaux, professeur au Conservatoire de Lille

Le concert sera suivi le  Mercredi 14 juin  à 10 h à l’église Notre-Dame-du-Rosaire d'une Master class

 

Vendredi 23 juin 19h (entrée libre)

Eglise Saint-Hilaire

Rencontres de chorales 

 

 


 

            Fondée en 1975 par Gaston Litaize, la classe d'orgue du CRR du Saint-Maur-des-Fossés a non seulement dès cette époque contribué à la formation de plusieurs remarquables organistes de la jeune génération (on peut citer les noms d'Olivier Latry, Frédéric Désenclos, Christophe Mantoux, Aude Heurtematte, pour ne parler que des artistes français), mais a toujours été un lieu d'échange et de découverte, notamment en faveur de la musique du XXème siècle.

            La position de l'orgue, dans l'auditorium qui constitue le centre du conservatoire, en fait un instrument privilégié de médiation culturelle, non seulement sur de la ville de Saint-Maur, mais plus largement sur la région Ile-de-France.

            Par ailleurs, de très nombreux étudiants étrangers sont passés par cette classe prestigieuse, aussi bien sous la direction de Gaston Litaize que sous celle d'Olivier Latry, et actuellement encore, on compte chaque année plusieurs étudiants étrangers (Amérique du Nord, du Sud, Europe, Pays de l'Est, Islande, Japon, Corée, etc…) Le nom du conservatoire de Saint-Maur est donc bien connu hors de nos frontières grâce à la classe d'orgue.

L'enseignement de l'improvisation tient une place importante dans ce conservatoire, qui est un des rares établissements de notre pays à en proposer un cursus spécialisé. Gaston Litaize, Olivier Latry, Thierry Escaich en ont été les artisans inspirés, et Pierre Pincemaille poursuit actuellement cet enseignement au CNR avec la compétence qui lui est reconnue dans le monde entier.

            La classe comprend une vingtaine d'élèves  en exécution, et six en improvisation.

            Les motivations de ces étudiants sont diverses. Beaucoup d'étudiants venus de province souhaitent trouver à Saint-Maur une formation technique et musicale de haut niveau, et un contact avec d'autres organistes. Ce brassage est très bénéfique, car il met en relation des musiciens issus de traditions musicales parfois très différentes. D'autres, les étudiants étrangers particulièrement, souhaitent se former plus spécifiquement au style français,. D'autres encore viennent dans un souci de parfaire leur formation d'organiste liturgique. Enfin, la classe est ouverte à la pratique amateur et à l'initiation.       

            Les étudiants suivent un cours hebdomadaire au grand orgue de l'auditorium, complété par un panel variable d'enseignements collectifs(formation musicale, et suivant les cas, écriture musicale, analyse, histoire de la musique…) qui enrichissent leur formation.

            Une importance particulière est donnée au répertoire contemporain. C'est ainsi que chaque année, les étudiants travaillent des œuvres nouvelles sous la direction des compositeurs, ou des œuvres appartenant au répertoire du XXème siècle dans le cadre de Master-Class : intégrale des Laudes de Jean-Louis Florentz, Suite de Peter Bannister, Toccata et La Flûte du Sylphe de Jean-Claude Henry, Sonatine pour les étoiles, La nuit remue, Première sonate, Van Gogh de Valéry Aubertin, Madrigal VII et Péan III de Jean-Pierre Leguay, Trois rêves de Rikako Watanabe, Mouvement d’Olivier Kaspar,Triptyque de Daniel Roth ont été travaillés avec les compositeurs, ainsi que l'intégrale de l'œuvre de Jehan Alain avec Marie-Claire Alain.

            Par ailleurs, un souci d'ouverture vis-à-vis des différentes écoles européennes d'interprétation s'est concrétisé par la venue de professeurs invités, notamment le grand organiste et musicologue Andréa Macinanti, pour plusieurs journées d'études consacrées à l'école italienne du XVIIème siècle. D'autres master-class ont été organisées, notamment avec André Isoir. Ces rencontres sont ouvertes aux étudiants extérieurs.

            Des visites d'orgues de différentes époques sont indispensables à ce niveau d'exigence artistique : ont été visités notamment les orgues historiques des cathédrales de Bourges, d'Orléans, de Poitiers, des églises de Souvigny, de Viry-Chatillon, d'Orsay, de Villiers-le-Bel, de Saint-Sulpice et Saint Gervais à Paris, de la collégiale de Dole, où l'instrument a été présenté par Michel Chapuis…

            En 2001 a été proposé une journée consacrée à la facture d'orgue, animée par Yves Fossaert et à partir de la rentrée 2002, un complément de formation a été assuré pour l'initiation au clavecin, et au répertoire pianistique, donnant d’excellents résultats. A partir de la rentrée 2010-2011, deux cours complémentaires sont proposés : histoire de l'orgue et de son répertoire (le lundi à 14 H) et accompagnement à l'orgue (même jour, 15 H).

            Enfin, la classe accueille régulièrement des stagiaires pour leur formation au diplôme d’état et au certificat d’aptitude de professeur d’orgue. Elle est associée au département de formation à l’enseignement du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.


Classe d’orgue d’Eric Lebrun, Conservatoire de Saint-Maur-des-Fossés

Anciens élèves de la classe (avant concours d’entrée de 1995) :

 

Olivier Houette

Pierric Antoine

Axel Lebas

Arnaud Peruta

 

Concours d’entrée 1995 :

 

Anne Horsch (Allemagne)

Sébastien Maigne

Pierre Gilbert

Emmanuel Pottier

 

Concours d’entrée 1996 :

 

Cécile Michel

Christel Meier

Bruno Guilois

 

Concours d’entrée 1997 :

 

Loïc Georgeault

Véronique Ripoche

Jose Miguel Sanchez Paredes (Venezuela)

Rikako Watanabe

Claire Meyer (Belgique)

Colomban Lebas

 

Concours d’entrée 1998 :

 

Emmanuel Duperrey

Jean-René Louet

Thibault Bitschené

Christophe Lafontaine

Yumi Otsu

Lucie Flesch

Sylvie Picard

 

Concours d’entrée 1999 :

 

Thomas Monnet

Pauline Koundouno

Jesus Sampedro Marquez (Espagne)

Karine Roze

Vincent Péron

 

Concours d’entrée 2000 :

 

Joseph Rassam

Martin Bacot

Christophe Gauche

Anthony Le Roux

Jean-Baptiste Fourchet

Edouard Delale

 

Intégration directe (1er et 2ème cycle) :

 

Madeleine Ternisien

Kelly de Oliveira

Pénélope Messier

Gwendoline Barthelemy

Benoit Sauzedde

Astrid Dherbecourt

 

Concours d’entrée 2001 :

 

Thomas Lacôte

Mathias Lecomte

Ole Karsten Sundlisaeter (Norvège)

Soon Im Hwang (Corée)

Hervé Fleho

Alexandre Zekri

Ghislain Gourvennec

Angèle Dionnau

Anne-Marie Calloni

Bert Daelemans (Belgique)

 

 

Concours d’entrée 2002 :

 

Lidia Ksiazkiewicz (Pologne)

Elise Lancerotto

Hampus Lindwall (Suède)

 

Concours d’entrée 2003 :

 

Jörg Ehrenfeuchter (Allemagne)

Victor Ruiz Contreras (Mexique)

Jean-Charles Gandrille (Robin)

Ollvier d’Ormesson

Boris Bouchevreau

Litzu Aoki (Japon)

Stagiaire pour le diplôme d'Etat : Béatrice Piertot

 

Concours d’entrée 2004 :

 

Saki Aoki (Japon)

Marie Faucqueur

Simon Harden (Irlande)

Kazumi Kanasawa (Japon)

Adrien Levassor

Bjorn Vevang (Norvège)

Gaétan Jarry

Stagiaire pour le diplôme d'Etat : Verouchka Nikitine

 

Concours d’entrée 2005 :

 

Vérouchka Nikitine

Claire Gaudron

Cyril Pallaud

Céline Mouton

Stagiaire pour le diplôme d'Etat : Slava Chevliakov

 

Concours d’entrée 2006 :

 

Clara Izambert

Yeon Ju Kim (Corée)

Samuel Liégeon

Etienne Desaux

Gudny Einarsdottir (Islande)

Thomas Pellerin

Simone Gheller (Italie)

 

Concours d’entrée 2007 :

 

Keum-Sun Chun (Corée)

Fabre Guin

Philippe Uguen

Louis Delpech

Pierre Queval

Martin Petersen (Danemark)

Xavier Mital

Cyrille Perret

Barbara Morais

Maximilien Pares

 

Concours d’entrée 2008 :

 

Grégoire Rolland

Emmeran Rollin

Anne-Isabelle de Parcevaux

Camille Déruelle

Jan Rotrekl (République tchèque)

Stagiaire pour le Certificat d'Aptitude : Slava Chevliakov

 

Concours d’entrée 2009 :

 

Mithra van Eenhooge (Belgique)

Marion André

Vincent Daniel

Fabien Chavrot

Adam Bernadac

Gwénaelle Cochevelou

 

Concours d’entrée 2010 :

 

Marylin Revel

Melissa Oswarek

Satoshi Kubo (Japon)

Suzan Thesbjerg (Danemark)

Stagiaires pour le Certificat d'Aptitude : Paul Goussot et Ghislain Leroy

 

Concours d’entrée 2011 :

 

Ae Shell Nam (Corée)

Nathan Degrange

Cécile Blais

Johann Jensen (Danemark)

Adriano Spampanato

Laura Potratz (U.S.A.)

Valentin Guillaume

 

Concours d’entrée 2012 :

 

Constance Taillard

Karen Arcile

Arthur Nicolas-Nauche

Arnaud Hubert

Marie Van Rhijn

Rasmus Anthonisen

 

Concours d’entrée 2013 :

 

François-Xavier Kernin

Thibault Thomas

Kumi Choi (Corée)

Florent Daroux

Antoine Thomas

 

Concours d’entrée 2014 :

 

Lucile Dollat

Matthieu Goulon

Man Wang (Chîne)

Boen Lee (Corée)

Dmitri Semnov Engholm (Danemark)

Kiyoko Hirafuku (Japon)

Stagiaire pour le Certificat d'Aptitude : Martin Tembremande

 

Concours d'entrée 2015 :

 

Mathilde Bourgeois

Barbara Cornet

Benoît Déchelotte

Sacha Dhénin

François Guyot

Maël Mai

Nicolas Queyroux

Noah Rousseau

Stagiaire pour le Certificat d'Aptitude : Thomas Ospital

 

Concours d'entrée 2015 Pôle Sup 93 :

 

Matthieu Goulon

Adriano Spampanato

 

Concours d'entrée 2016 :

 

Alma Bettencourt

Paul Isnard

Manon Lehmann

Ophelia Amar

Bartalomeo Vosgien

Fanny Cousseau

Mayu Harada (Japon)

Seo Jung Choi (Corée)

Yang Jung Hyun (Corée)

Stagiaire pour le Certificat d'Aptitude : David Cassan

 


Enseigner (article publié dans la revue Orgues nouvelles)

 

 

Puis-je ouvrir ces lignes par une confidence : je suis toujours émerveillé par l’enthousiasme et le talent des organistes, qu’ils soient professionnels ou amateurs éclairés. La petite place laissée à notre instrument dans notre XXIe siècle commençant n’est pourtant pas si privilégiée !  

 

 

            J’ai chaque année la mission d’accompagner dans leurs parcours quelques-uns de ces êtres passionnés, pleins de questionnements. En quête d’un idéal élevé, parfois inaccessible, si bien traduit par Jehan Alain dans son Jardin suspendu, ces jeunes, ces adultes amoureux de leur art me transmettent une formidable énergie. Comment être à la hauteur d’une telle espérance et leur apporter les réponses qu’ils attendent ? Je répondrai en évoquant brièvement trois points essentiels à mes yeux : être disponible et savoir écouter ; trouver le juste sens de l’acte que nous posons ; pouvoir transmettre des outils adaptés et nécessaires.

            Savoir écouter et être juste. La formule de l’américain Jonathan Fox, inspirateur du théâtre de la réminiscence, me semble entrer en résonance avec l’attitude du pédagogue. Savoir se rendre disponible, être prêt à une écoute sans à-priori, accepter de pénétrer dans le discours musical de l’autre, chercher à comprendre ce que sont réellement ses aspirations et ses difficultés, dans le respect du mystère de l’être : telles doivent être les conditions initiales d’un échange de qualité. A vrai dire, la tâche n’est pas franchement aisée, tant les itinéraires sont différents, nos habitudes ancrées et nos motivations diamétralement opposées. Accoutumé à jouer seul un instrument relativement distant, l’organiste ne donne pas l’impression de faire corps avec la machine-orgue, ni de s’exprimer avec une réelle spontanéité. Il est pourtant dans une relation intime avec le discours lui-même, mais d’une manière tellement plus abstraite que le violoniste ou le chanteur !

            D’où la question urgente : que veulent dire les actes musicaux que nous posons ? Il ne s’agit pas d’une vague interrogation. J’essaie d’avoir avec mes élèves un regard neuf devant l’œuvre musicale à traduire, de partir à la découverte du cheminement de l’auteur. Lorsque le temps imparti le permet, j’aime concevoir d’autres chemins possibles, et faire valoir l’originalité de la partition. Voici un exemple très simple tiré d’une fugue de Bach : « Pourquoi écrit-il un contrepoint renversable qu’il transpose immédiatement un ton plus bas ? Il aurait été si simple de ne pas transposer ou de transposer par exemple à la dominante. A-t-on d’autres exemples ailleurs ? Pour quelle raison expressive ne l’a-t-il pas fait dans le même ton ? » La partition se reconstruit au milieu de tous les possibles et petit à petit, la question essentielle se précise : pourquoi ? Pourquoi un Bach, un Franck, un Liszt ou un Messiaen, ont-ils écrit ce que l’improvisation aurait pu réaliser tout aussi efficacement ? Et lorsque nous jouons cette œuvre, que signifie-t-elle pour nous, dans le contexte de notre temps, à ce moment de notre vie,  pour notre foi, ou en l’absence de toute foi, car l’orgue est aussi un instrument sacré ? Que représentera-t-elle pour les autres, que leur dira-t-elle ? Autant de questions qui ne doivent pas être posées directement, ni devenir un préalable obligatoire, mais que l’enseignement doit révéler au fil des mois et des années.

            Vient enfin la transmission nécessaire des outils. Ces deux termes ne sont plus vraiment à la mode. Pourtant l’expérience d’interprète que nous avons acquise au fil des années est utile si nous savons l’ajuster à nos élèves, qui attendent de nous une exigence à la hauteur de leurs ambitions artistiques. Mon doigté par exemple, inscrit dans mon histoire personnelle n’est vraiment bon que pour ma main, et pourrait gêner des doigts plus petits ; mais sa logique supporte quelques aménagements et avec un peu d’observation, il peut être aisément modifié pour aider un disciple moins aguerri. Par ailleurs, ma génération a bénéficié des conseils de musiciens de premier ordre, je veux parler des Marchal, Litaize, Alain, Chapuis, Isoir… Ils nous ont fait part de leurs immenses connaissances musicologiques sans parcimonie, eux qui avaient découvert par eux-mêmes ce que nous avons fait à leur suite par imitation. Il me semble que nous devons à notre tour transmettre ces outils magnifiques, qui ont permis d’envisager la musique ancienne avec un regard toujours plus créatif, tout en se souvenant que les plus belles connaissances stylistiques ne remplacent pas l’éloquence naturelle de l’acteur !

            Telles sont les trois idées maîtresses qui me semblent devoir guider ma mission d’enseignant, et que j’ai tâché de mettre en œuvre il y a quelques d’années dans le cours de didactique de l’orgue que j’ai fondé au Conservatoire de Paris. Je dois ajouter que mes élèves, dans les différentes structures où j’ai enseigné, et notamment depuis vingt ans au Conservatoire de Saint-Maur, m’ont beaucoup appris ; j’ai eu la chance de côtoyer des musiciens créatifs. Je n’oublie pas de les citer lorsque je transmets telle ou telle de leurs remarques à mes élèves actuels.