Classe d’orgue du Conservatoire de Saint-Maur,
année 2011-2012
1. Examens :
Examen de milieu d’année un lundi du mois de janvier de 9 h à 12 H 30.
Eglise Notre-Dame-du-Rosaire.
Mouvement de sonate ou choral en trio de Bach ou pièce virtuose moderne
Examen de fin d’année début juin.
Eglise Notre-Dame-du-Rosaire + instrument symphonique (St Hilaire à Saint-Maur jusqu’à Probatoire), Saint-Antoine à Paris pour le Perfectionnement.
Préparer deux programmes pendant l’année, l’un d’entre eux sera tiré au sort cinq semaines ouvrables avant l’examen, et une pièce imposée remplacera alors l’une des pièces préparées :
En Supérieur 1 :
A. Un prélude de Bach, un XIXe français ou sonate de Mendelssohn
B. Un choral en trio de Bach, une œuvre de Messiaen
A partir de Supérieur 2 (pour obtenir le DEM) :
A. Un cycle de variations de Frescobaldi ou Sweelinck, un prélude et fugue de Bach ou de Buxtehude, un XIXe français, une pièce récente (Aubertin, Escaich, Florentz, Gandrille, Rolland, Watanabe, etc.)
B. Un italien XVIIe (orgue seul ou avec instrument), un choral en trio de Bach, une sonate de Mendelssohn, une œuvre d’Olivier Messiaen
Probatoire :
1Bach ou Buxtehude, 1 moderne (fin XIX à fin XX), une pièce avec instrument ou voix.
Perfectionnement :
2 ou 3 œuvres de styles différents + une œuvre imposée cinq semaines avant.
Le programme ne devra pas dépasser 35’ au total.
En juin, après les examens : Prix André Monsaingeon à Saint-Antoine (prix = 350 €)
Programme : un prélude de Bach + une pièce de Messiaen au choix.
2. Concerts (voir ci-dessous)
Aux concerts mentionnés à Saint-Maur s'ajoutent :
- Un hommage à Olivier Messiaen le 11 février 2012 à l'église Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts
- La fête de la musique sur l'orgue Aubertin de Saint-Louis-en-l'Ile
N.B. Tous les élèves peuvent participer aux concerts Bach, en plus des deux solistes programmés à chaque fois.
3. Options spécifiques :
-Répertoire tous les lundis de 16 H à 17 H 45, salle Fauré. Le programme de cette année est : de Bach à nos jours. Vous êtes invités à présenter un ou plusieurs sujets de votre choix pendant l’année.
-En alternance, un lundi sur trois environ, cours d’accompagnement salle Duparc.
Un calendrier sera tenu à jour.
A la fin de l’année, ceux qui le souhaitent pourront valider ces deux options qui forment une UV pour l’obtention du DEM. Le jury est le même que pour l’examen de fin d’année.
- Répertoire : court oral permettant de présenter trois extraits audio transmis trois jours avant l’épreuve. Les extraits ne seront pas les mêmes, chaque élève aura son lot d’extraits distincts. Le jury posera quelques questions après cette présentation qui ne devra pas excéder dix minutes.
- Accompagnement : déchiffrage d’une polyphonie sur quatre portées avec transposition simple, court accompagnement instrumental ou vocal avec mise en loge, harmonisation à vue (style choral) ou improvisation d’un plein jeu dans le style français à partir d’une mélodie de Plain-chant.
4. Master-classes :
Il y aura trois master-classes cette année. Une petite participation aux frais de 10 € est nécessaire si vous désirez bénéficier d’un cours avec le professeur, un don libre est souhaité si vous ne jouez pas. Pour les élèves extérieurs, le cours est ouvert moyennant une participation de 20 €.
-Lundi 14 novembre 2011, 9 H – 13 H, église N.D. du Rosaire à Saint-Maur : Girolamo Frescobaldi par Andréa Macinanti, professeur à Bologne, concertiste international.
-Lundi 16 janvier 2012, 9 H – 13 H, église Danoise à Paris : Nicolaus Bruhns, Dietrich Buxtehude et la tradition de l’orgue danois par Sven-Ingvart Mikkelsen, organiste du château de Frederiksborg au Danemark, concertiste international. M. Mikkelsen présentera aussi ses travaux sur l’utilisation du faux-bourdon dans la musique française du XVIIème siècle.
-Lundi 19 mars 2012, 9 H – 13 H, église des Invalides à Paris : Felix Mendelssohn par Susan Landale, professeur à la Royal Academy de Londres, organiste de la chapelle des Invalides à Paris, concertiste internationale.
5. Voyages :
Il y aura deux voyages d’étude cette année.
-Découverte de l’orgue baroque italien (Bologne) en février. Date à déterminer ; prévoir deux jours entiers.
-Cinq jours d’échange avec les élèves du Conservatoire de Groningen. Vous pouvez bénéficier des instruments magnifiques de Schnitger, et de l’enseignement de Théo Jellema que certains connaissent déjà.
Les modalités de cet échange sont discutées en ce moment même et il sera nécessaire de se réunir avant les vacances de Noël pour organiser ce voyage passionnant.
Fondée en 1975 par Gaston Litaize, la classe d'orgue du CRR du Saint-Maur-des-Fossés a non seulement dès cette époque contribué à la formation de plusieurs remarquables organistes de la jeune génération (on peut citer les noms d'Olivier Latry, Frédéric Désenclos, Christophe Mantoux, Aude Heurtematte, pour ne parler que des artistes français), mais a toujours été un lieu d'échange et de découverte, notamment en faveur de la musique du XXème siècle.
La position de l'orgue, dans l'auditorium qui constitue le centre du conservatoire, en fait un instrument privilégié de médiation culturelle, non seulement sur de la ville de Saint-Maur, mais plus largement sur la région Ile-de-France.
Par ailleurs, de très nombreux étudiants étrangers sont passés par cette classe prestigieuse, aussi bien sous la direction de Gaston Litaize que sous celle d'Olivier Latry, et actuellement encore, on compte chaque année plusieurs étudiants étrangers (Amérique du Nord, du Sud, Europe, Pays de l'Est, Islande, Japon, Corée, etc…) Le nom du conservatoire de Saint-Maur est donc bien connu hors de nos frontières grâce à la classe d'orgue.
L'enseignement de l'improvisation tient une place importante dans ce conservatoire, qui est un des rares établissements de notre pays à en proposer un cursus spécialisé. Gaston Litaize, Olivier Latry, Thierry Escaich en ont été les artisans inspirés, et Pierre Pincemaille poursuit actuellement cet enseignement au CNR avec la compétence qui lui est reconnue dans le monde entier.
La classe comprend une vingtaine d'élèves en exécution, et six en improvisation.
Les motivations de ces étudiants sont diverses. Beaucoup d'étudiants venus de province souhaitent trouver à Saint-Maur une formation technique et musicale de haut niveau, et un contact avec d'autres organistes. Ce brassage est très bénéfique, car il met en relation des musiciens issus de traditions musicales parfois très différentes. D'autres, les étudiants étrangers particulièrement, souhaitent se former plus spécifiquement au style français,. D'autres encore viennent dans un souci de parfaire leur formation d'organiste liturgique. Enfin, la classe est ouverte à la pratique amateur et à l'initiation.
Les étudiants suivent un cours hebdomadaire au grand orgue de l'auditorium, complété par un panel variable d'enseignements collectifs(formation musicale, et suivant les cas, écriture musicale, analyse, histoire de la musique…) qui enrichissent leur formation.
Une importance particulière est donnée au répertoire contemporain. C'est ainsi que chaque année, les étudiants travaillent des œuvres nouvelles sous la direction des compositeurs, ou des œuvres appartenant au répertoire du XXème siècle dans le cadre de Master-Class : intégrale des Laudes de Jean-Louis Florentz, Suite de Peter Bannister, Toccata et La Flûte du Sylphe de Jean-Claude Henry, Sonatine pour les étoiles, La nuit remue, Première sonate, Van Gogh de Valéry Aubertin, Madrigal VII et Péan III de Jean-Pierre Leguay, Trois rêves de Rikako Watanabe, Mouvement d’Olivier Kaspar,Triptyque de Daniel Roth ont été travaillés avec les compositeurs, ainsi que l'intégrale de l'œuvre de Jehan Alain avec Marie-Claire Alain.
Par ailleurs, un souci d'ouverture vis-à-vis des différentes écoles européennes d'interprétation s'est concrétisé par la venue de professeurs invités, notamment le grand organiste et musicologue Andréa Macinanti, pour plusieurs journées d'études consacrées à l'école italienne du XVIIème siècle. D'autres master-class ont été organisées, notamment avec André Isoir. Ces rencontres sont ouvertes aux étudiants extérieurs.
Des visites d'orgues de différentes époques sont indispensables à ce niveau d'exigence artistique : ont été visités notamment les orgues historiques des cathédrales de Bourges, d'Orléans, de Poitiers, des églises de Souvigny, de Viry-Chatillon, d'Orsay, de Villiers-le-Bel, de Saint-Sulpice et Saint Gervais à Paris, de la collégiale de Dole, où l'instrument a été présenté par Michel Chapuis…
En 2001 a été proposé une journée consacrée à la facture d'orgue, animée par Yves Fossaert et à partir de la rentrée 2002, un complément de formation a été assuré pour l'initiation au clavecin, et au répertoire pianistique, donnant d’excellents résultats. A partir de la rentrée 2010-2011, deux cours complémentaires sont proposés : histoire de l'orgue et de son répertoire (le lundi à 14 H) et accompagnement à l'orgue (même jour, 15 H).
Enfin, la classe accueille régulièrement des stagiaires pour leur formation au diplôme d’état et au certificat d’aptitude de professeur d’orgue. Elle est associée au département de formation à l’enseignement du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.
Saison 2011-2012, église du Rosaire,
place des Marronniers, Saint-Maur
Mardi 20 septembre, 20 h 30 :
Intégrale de l’œuvre de Johann Sebastian Bach
5ème concert : Soli Deo Gloria
Vincent Daniel (Remiremont) et Mithra Van Eenhooge (Belgique)
Lauréats 2011 du Conservatoire de Saint-Maur
Voici la suite du projet passionnant commencé en 2010 : faire entendre sur trois ans l’œuvre pour orgue de Johann Sebastian Bach par un jeune équipe d’organistes de grand talent.
Chaque concert est précédé d’une petite conférence pour ceux qui le souhaitent (à 20 h) permettant de rentrer plus dans le détail de cette musique magnifique et inspirée.
Ce cinquième concert est consacré à des œuvres majeures du Cantor de Leipzig : Toccata en fa majeur, Prélude et fugue en la mineur, Chorals « Allein Gott » (Gloire à Dieu au plus haut des cieux)
Mardi 18 octobre, 20 h 30 :
Intégrale de l’œuvre de Johann Sebastian Bach
6ème Concert : Sonates et danses sacrées
Marion André (Londres), Prix Zonta international 2010, lauréate du Conservatoire de Saint-Maur
Adam Bernadac (Paris), lauréat du Conservatoire de Saint-Maur
Pour Bach, la finalité de toute musique est de louer le Créateur. Les rythmes de danses s’incarnent en évocations de la joie. Dans les sonates en trio (nous entendrons la troisième, en ré mineur), dans la 2ème partita, dans le Prélude et fugue en ut majeur, c’est cet élan irrésistible qui est exprimé avec force !
Dimanche 13 novembre, 15 h :
Andrea Macinanti (Bologne, Italie), orgue
Marylin Revel (Saint-Maur-des-Fossés), mezzo-soprano
Les sommets de la musique italienne
Voici un superbe florilège de musique italienne, du XVIIème au XIXème siècle, par l’un des maîtres les plus réputés de notre temps. Andréa Macinanti, concertiste international et professeur à l’Académie de Bologne, nous fera entendre les plus belles pages de Frescobaldi, Rossi, Zipoli et Bossi sur le bel orgue de Notre-Dame-du-Rosaire. Marylin Revel, mezzo-soprano et par ailleurs organiste, permettra d’ajouter une très belle couleur vocale à ce programme varié.
Mardi 13 décembre, 20 h 30 :
Classe d’orgue et classe d’art dramatique du Conservatoire de Saint-Maur
La pastorale des Santons de Provence
Noëls pour orgue de Lebègue, Dandrieu, Daquin, Corrette, Boëly, Bouvard
Dans la perspective des fêtes de Noël, voici un superbe programme de mélodies populaires illustrant la savoureuse « Pastorale des santons de Provence ».
Mardi 17 janvier, 20 h 30 :
Intégrale de l’œuvre de Johann Sebastian Bach
7ème Concert : Le monde du choral
Anne-Isabelle de Parcevaux et Boris Bouchevreau (Versailles),
lauréats 2010 de la carte professionnelle des organistes de Paris
et du Conservatoire de Saint-Maur
Pour ce septième concert, nous plongeons dans l’univers du choral, parcourant les recueils du Petit livre d’orgue et de Leipzig. Ces sommets de l’art poétique et musical seront encadrés de quelques préludes et fugues, dont celui en ré mineur, transcrit d’une œuvre pour violon seul.
Dimanche 12 février, 15 h :
L’Europe baroque, concert pour instruments anciens
Classes de sacqueboute, de flûte à bec, de violon et d’orgue du Conservatoire de Saint-Maur
La musique du XVIIème siècle est d’une variété infinie. Les musiciens que nous entendrons ce dimanche après-midi nous immergent dans la richesse des timbres et des rythmes de ce siècle inspiré, parcourant en musique les nations européennes dans les plus belles pages d’inspiration sacrée.
Mardi 10 avril, 20 h 30 :
Intégrale de l’œuvre de Johann Sebastian Bach
8ème Concert : au matin de Pâques
Classes d’orgue des conservatoires de Saint-Maur et de Saint-Mandé
Pour cette évocation du temps pascal (une première avait déjà été présentée en 2011), nous entendrons quelques-uns des plus emblématiques chorals de Bach, ainsi que deux pages solaires : le Concerto en sol majeur et le Prélude et fugue en la majeur.
Mardi 15 mai, 20 h 30 :
Récital d’orgue par Olivier Houette
La paroisse Notre-Dame-du-Rosaire invite cette année Olivier Houette, l’un des meilleurs organistes de la jeune génération, à donner un récital consacré entre autres aux grands auteurs baroques que sont Byrd, Buxtehude et Bach. Olivier Houette est organiste de la cathédrale de Poitiers et de l’église Saint-François-Xavier à Paris ; il enseigne l’orgue au CESMD de Poitiers et au Conservatoire de Bourg-la-Reine/Sceaux, et la pédagogie au Conservatoire National Supérieur de Paris.
Mardi 19 juin, 20 h 30 :
Fête de la musique, organisée par la paroisse Notre-Dame-du-Rosaire
On ne présente plus la Fête de la Musique, dont ce sera en 2012 la 32ème édition nationale !
Enseigner (article publié dans la revue Orgues nouvelles)
Puis-je ouvrir ces lignes par une confidence : je suis toujours émerveillé par l’enthousiasme et le talent des organistes, qu’ils soient professionnels ou amateurs éclairés. La petite place laissée à notre instrument dans notre XXIe siècle commençant n’est pourtant pas si privilégiée !
J’ai chaque année la mission d’accompagner dans leurs parcours quelques-uns de ces êtres passionnés, pleins de questionnements. En quête d’un idéal élevé, parfois inaccessible, si bien traduit par Jehan Alain dans son Jardin suspendu, ces jeunes, ces adultes amoureux de leur art me transmettent une formidable énergie. Comment être à la hauteur d’une telle espérance et leur apporter les réponses qu’ils attendent ? Je répondrai en évoquant brièvement trois points essentiels à mes yeux : être disponible et savoir écouter ; trouver le juste sens de l’acte que nous posons ; pouvoir transmettre des outils adaptés et nécessaires.
Savoir écouter et être juste. La formule de l’américain Jonathan Fox, inspirateur du théâtre de la réminiscence, me semble entrer en résonance avec l’attitude du pédagogue. Savoir se rendre disponible, être prêt à une écoute sans à-priori, accepter de pénétrer dans le discours musical de l’autre, chercher à comprendre ce que sont réellement ses aspirations et ses difficultés, dans le respect du mystère de l’être : telles doivent être les conditions initiales d’un échange de qualité. A vrai dire, la tâche n’est pas franchement aisée, tant les itinéraires sont différents, nos habitudes ancrées et nos motivations diamétralement opposées. Accoutumé à jouer seul un instrument relativement distant, l’organiste ne donne pas l’impression de faire corps avec la machine-orgue, ni de s’exprimer avec une réelle spontanéité. Il est pourtant dans une relation intime avec le discours lui-même, mais d’une manière tellement plus abstraite que le violoniste ou le chanteur !
D’où la question urgente : que veulent dire les actes musicaux que nous posons ? Il ne s’agit pas d’une vague interrogation. J’essaie d’avoir avec mes élèves un regard neuf devant l’œuvre musicale à traduire, de partir à la découverte du cheminement de l’auteur. Lorsque le temps imparti le permet, j’aime concevoir d’autres chemins possibles, et faire valoir l’originalité de la partition. Voici un exemple très simple tiré d’une fugue de Bach : « Pourquoi écrit-il un contrepoint renversable qu’il transpose immédiatement un ton plus bas ? Il aurait été si simple de ne pas transposer ou de transposer par exemple à la dominante. A-t-on d’autres exemples ailleurs ? Pour quelle raison expressive ne l’a-t-il pas fait dans le même ton ? » La partition se reconstruit au milieu de tous les possibles et petit à petit, la question essentielle se précise : pourquoi ? Pourquoi un Bach, un Franck, un Liszt ou un Messiaen, ont-ils écrit ce que l’improvisation aurait pu réaliser tout aussi efficacement ? Et lorsque nous jouons cette œuvre, que signifie-t-elle pour nous, dans le contexte de notre temps, à ce moment de notre vie, pour notre foi, ou en l’absence de toute foi, car l’orgue est aussi un instrument sacré ? Que représentera-t-elle pour les autres, que leur dira-t-elle ? Autant de questions qui ne doivent pas être posées directement, ni devenir un préalable obligatoire, mais que l’enseignement doit révéler au fil des mois et des années.
Vient enfin la transmission nécessaire des outils. Ces deux termes ne sont plus vraiment à la mode. Pourtant l’expérience d’interprète que nous avons acquise au fil des années est utile si nous savons l’ajuster à nos élèves, qui attendent de nous une exigence à la hauteur de leurs ambitions artistiques. Mon doigté par exemple, inscrit dans mon histoire personnelle n’est vraiment bon que pour ma main, et pourrait gêner des doigts plus petits ; mais sa logique supporte quelques aménagements et avec un peu d’observation, il peut être aisément modifié pour aider un disciple moins aguerri. Par ailleurs, ma génération a bénéficié des conseils de musiciens de premier ordre, je veux parler des Marchal, Litaize, Alain, Chapuis, Isoir… Ils nous ont fait part de leurs immenses connaissances musicologiques sans parcimonie, eux qui avaient découvert par eux-mêmes ce que nous avons fait à leur suite par imitation. Il me semble que nous devons à notre tour transmettre ces outils magnifiques, qui ont permis d’envisager la musique ancienne avec un regard toujours plus créatif, tout en se souvenant que les plus belles connaissances stylistiques ne remplacent pas l’éloquence naturelle de l’acteur !
Telles sont les trois idées maîtresses qui me semblent devoir guider ma mission d’enseignant, et que j’ai tâché de mettre en œuvre il y a une dizaine d’années dans le cours de didactique de l’orgue que j’ai fondé au Conservatoire de Paris. Je dois ajouter que mes élèves, dans les différentes structures où j’ai enseigné, et notamment depuis quinze ans au Conservatoire de Saint-Maur, m’ont beaucoup appris ; j’ai eu la chance de côtoyer des musiciens créatifs. Je n’oublie pas de les citer lorsque je transmets telle ou telle de leurs remarques à mes élèves actuels.